Les monologues du machin #1
« Bonjour Madame, Bonjour Monsieur, j’ai perdu Sigismond et je crois que je l’ai fait exprès. Vous vous souvenez de sa noyade et de sa résurrection dans la Seine ?? Oui ? Et bien cette fois-ci, je lui ai mis les pieds dans le ciment. Non, ce ne fut pas facile, c’est jamais facile de perdre une part de soi et puis le connaissant s’il doit remonter il trouvera bien une solution, je le sais suffisamment malin que pour réapparaitre là où je l’attendrais le moins mais pour le moment Sigismond ne pouvais survivre a mon âme et mon cœur, je le sentais souffrir. Vous savez que je suis jusqu’au boutiste et pas trop je m’en foutiste. Il est juste figé dans un autre espace-temps, je le sais, je le sens. Et puis dite vous que si j’ai fait cela, c’est par amour. Exactement…. Par amour. Parce que j’apprends la patience à chaque saut de seconde et d’une à l’autre je me détache de mes larmes et je leur permets de couler librement. Sigismond n’aimait pas mes larmes. Pourtant quand ca doit couler, il faut que ca coule. Lui comme mes larmes. Vous savez, chaque larme est un univers en soi empli de galaxies de frustrations, de nébuleuses de tristesse et de galaxies d’espoir. J’y vois même parfois de nouveaux systèmes solaires éclatant de vie. C’est émouvant la vie. Comme le monde qui tourne autour de moi. D’ailleurs, je me surprends encore à porter un regard étonné ou émerveillé sur ce qui m’entoure et parfois mon cœur explose tant il est touché. Parfois, c’est vraiment pour une bêtise insignifiante mais c’est dans les petits trucs de la vie que les autres ne remarquent pas forcement que l’on peut encore trouver de la poésie. C’est l’art de la vie. D’ailleurs l’art n’a pas besoin de l’esthétisme car l’art c’est la vie étalée sur le papier, sur la toile, sur la pellicule, sur les murs. N’importe où en fait. Voyez comme on n’a pas besoin de la beauté pour aimer. Vraiment !!! Pour aimer, on a besoin de rien. L’amour est un état trop entier que pour avoir besoin du beau ou du laid. Voilà bien un sentiment qui se suffit à lui-même et qui ne consent pas la mièvrerie ou l’à peu prêt. Non, il emporte tout sur son passage et vous y passez avec. Il n’y a pas de mal à cela. Le corps doit suivre le cœur. A l’heure où j’écris c’est mots, Nonna est un très de s’éteindre. Je sais qu’il y a toujours eu beaucoup d’amour autour d’elle et il y en aura encore beaucoup et pour longtemps. Je viens de l’apprendre à l’instant. Nonna se meurt et on n’y peu rien mais je l’aime. Et ca ne changera rien demain quand elle ne sera plus là. Je vais remercier l’univers entier de m’avoir prodigué le don d’aimer entièrement et totalement. A ne pas m’avoir obligé à passer mes sentiments à la moulinette, ni à l’analyse suspecte. Sans doute devrais-je me remercier de n’avoir jamais eu peur d’aimer. D’aimer sincèrement sans chercher, tel Narcisse, une image de moi ou un reflet. Ceux que j’aime, je les aime, pour eux et ce qu’ils sont. Pas pour une quelconque recherche de moi
Un jour, on m’a dit que Sigismond n’était pas moi. Belle connerie. Justement, il est déjà de retour. Voilà bien une partie de moi qui à vraiment sa place. Madame, Monsieur, j’ai retrouvé Sigismond. Mon cœur bat encore. J’aurais dû m’en douter.
Une dernière petite chose. Je t’aime toi et non ton silence. »